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Bilan OPERAT 2024-2025 : ce que nous apprend la plateforme sur la performance énergétique du parc tertiaire

Bilan OPERAT 2024-2025 : ce que nous apprend la plateforme sur la performance énergétique du parc tertiaire

L’ADEME a publié un nouveau bilan des déclarations OPERAT, basé sur les données disponibles jusqu’à fin janvier 2026.

Ce bilan est intéressant à plusieurs niveaux. Il permet d’observer la montée en puissance de la plateforme, mais aussi de mieux comprendre les premières tendances énergétiques du parc tertiaire assujetti au Dispositif Éco Énergie Tertiaire.

Et le constat est clair : OPERAT n’est plus seulement un outil de déclaration. Il devient progressivement un outil de lecture, de suivi et de pilotage de la performance énergétique

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Depuis la mise en place du dispositif, le nombre d’Entités Fonctionnelles Assujetties déclarées progresse régulièrement.

Au début de l’année 2026, OPERAT comptabilisait environ :

  • 340 000 EFA déclarées ;
  • 1 145 000 déclarations de consommation ;
  • 91 % de déclarations validées.

La dynamique est donc bien engagée.

La majorité des EFA a été créée dès 2022, mais de nouvelles entités ont continué à être ajoutées en 2023, 2024 et 2025.

C’est un point important : les données OPERAT continuent d’évoluer. Certains assujettis déclarent encore après les échéances réglementaires, ce qui signifie que les chiffres disponibles donnent une tendance solide, mais pas encore une photographie totalement stabilisée du parc tertiaire concerné.

Un taux de remplissage encore incomplet

Le bilan met également en évidence une progression des surfaces déclarées.

À l’échéance réglementaire du 30 septembre, les surfaces déclarées et validées représentaient environ :

  • 247 millions de m² pour 2022 ;
  • 309 millions de m² pour 2023 ;
  • 343 millions de m² pour 2024.

En intégrant l’ensemble des déclarations validées, le taux de remplissage d’OPERAT est estimé entre 50 % et 60 % du parc assujetti.

Autrement dit, une part importante du parc tertiaire reste encore à déclarer, à compléter ou à consolider.

Ce point doit être regardé avec attention. Le sujet n’est pas uniquement de savoir si une déclaration a été faite, mais si elle est complète, cohérente et exploitable dans le temps.

Des consommations en baisse : un signal encourageant

L’un des principaux enseignements du bilan concerne la baisse des consommations énergétiques déclarées.

À périmètre constant, la consommation déclarée ajustée du climat a diminué de 26 % entre la période 2010-2019 et l’année 2024.

C’est un signal positif.

Cette baisse peut s’expliquer par plusieurs facteurs :

  • actions de sobriété énergétique ;
  • travaux d’amélioration du bâti ;
  • remplacement d’équipements ;
  • optimisation des systèmes de chauffage, ventilation ou éclairage ;
  • meilleur suivi des consommations ;
  • pilotage plus fin des usages.

Le bilan observe également une évolution du mix énergétique, avec une baisse progressive de la part du gaz et une hausse de la part de l’électricité.

Cette tendance contribue à la diminution des émissions de gaz à effet de serre, estimée à environ 32 % entre la période 2010-2019 et 2024 pour les EFA déclarées.

Des résultats à interpréter avec prudence

Même si les tendances sont encourageantes, l’ADEME rappelle que les données doivent être analysées avec prudence.

Toutes les déclarations n’ont pas le même niveau de fiabilité.

Les principaux points de vigilance portent notamment sur :

  • la cohérence des surfaces déclarées ;
  • la stabilité du périmètre d’une année sur l’autre ;
  • la bonne catégorisation des activités ;
  • les ratios de consommation en kWh/m² ;
  • les variations anormales de consommation ;
  • l’association correcte des compteurs à chaque EFA.

Dans la pratique, ce sont souvent ces éléments qui créent des incohérences.

Une surface mal renseignée, une activité mal classée ou un compteur rattaché au mauvais périmètre peuvent fausser l’analyse de la performance énergétique.

C’est pourquoi la déclaration OPERAT ne doit pas être traitée comme une simple formalité administrative annuelle.

Elle doit être structurée comme un véritable dossier de suivi.

Des écarts importants selon les activités

Le bilan montre également que les profils énergétiques diffèrent fortement selon les secteurs.

Certains usages sont naturellement plus énergivores, notamment lorsqu’ils impliquent des équipements spécifiques, de fortes amplitudes horaires ou des contraintes techniques particulières.

C’est le cas, par exemple, de certaines activités de santé, de restauration, de commerce alimentaire, de blanchisserie, de laboratoires ou encore d’activités liées aux serveurs et aux données.

À l’inverse, d’autres activités présentent des ratios plus modérés, comme certains bâtiments d’enseignement, bureaux ou locaux logistiques sans maintien en température.

Pour le secteur de l’enseignement, le bilan met en évidence une distinction intéressante : l’enseignement primaire représente une part importante du nombre d’EFA déclarées, tandis que l’enseignement secondaire concentre une part plus importante des surfaces et des consommations.

Ce résultat s’explique notamment par la taille moyenne plus importante des collèges, lycées et établissements secondaires.

Une partie du parc a déjà atteint les objectifs 2030

Le bilan apporte aussi un premier éclairage sur l’atteinte des objectifs 2030.

Pour les déclarations 2024 considérées comme fiables, 51 % des EFA ont déjà atteint l’un des deux objectifs 2030.

En surface, cela représente environ 47 % du parc déclaré.

Pour rappel, dans le cadre du Décret tertiaire, l’assujetti peut respecter son obligation soit en atteignant l’objectif en valeur relative, soit en atteignant l’objectif en valeur absolue.

Il n’est pas nécessaire d’atteindre les deux.

Cette progression est encourageante : la part des surfaces ayant atteint leur objectif 2030 est passée d’environ 29 % en 2020 à 47 % en 2024.

Mais cette tendance ne doit pas masquer les situations plus complexes.

Certains sites ont encore une trajectoire importante à construire. D’autres doivent d’abord fiabiliser leurs données avant de pouvoir évaluer correctement leur position par rapport aux objectifs.

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Le vrai sujet : passer de la déclaration au pilotage

Ce bilan confirme une évolution de fond.

La première étape du dispositif a été déclarative : créer les EFA, renseigner les surfaces, déclarer les consommations.

La phase actuelle devient plus analytique.

Il faut désormais être capable de :

  • vérifier la cohérence des données ;
  • identifier les anomalies ;
  • comprendre les variations de consommation ;
  • documenter les changements de périmètre ;
  • préparer les justificatifs ;
  • suivre la trajectoire énergétique dans la durée.

OPERAT devient donc un outil de pilotage, à condition que les données saisies soient fiables.

C’est là que l’accompagnement prend tout son sens.

Une déclaration correcte permet de respecter l’obligation réglementaire. Une déclaration fiable permet de piloter réellement la performance énergétique.

La nuance est importante.

Ce qu’il faut retenir

Le bilan OPERAT 2024-2025 met en évidence trois enseignements majeurs.

Premièrement, la plateforme est désormais largement utilisée, même si le taux de remplissage reste encore incomplet.

Deuxièmement, les consommations déclarées baissent, ce qui montre que la dynamique de réduction énergétique est engagée sur une partie du parc tertiaire.

Troisièmement, une part significative des EFA fiables atteint déjà l’un des objectifs 2030, mais de fortes disparités demeurent selon les secteurs et les situations.

Le Décret tertiaire entre donc dans une nouvelle phase.

Il ne s’agit plus uniquement de déclarer pour être conforme. Il s’agit de fiabiliser, analyser et piloter.

Chez OBJECTIF 54, nous accompagnons les assujettis dans cette démarche : structuration des EFA, vérification des consommations, analyse des trajectoires, suivi des obligations réglementaires et accompagnement OPERAT dans la durée.

Car derrière chaque déclaration, il y a une donnée. Et derrière chaque donnée fiable, il y a une meilleure capacité à agir.

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